« faire que le possible marche en avant du réel»

     – Kasereka Kavwahirehi, Y en a marre ! Philosophie et espoir social en Afrique (Karthala, 2018)

 

Kin

Ces mois de mai et juin 2019, j’ai été amenée à voyager à Kigali au Rwanda et à Kinshasa en République Démocratique du Congo. J’y ai passé plus d’un mois pour y honorer différents engagements académiques et explorer les possibilités de collaborer avec différentes universités. 

J’ai répondu à Kigali à l’invitation à participer à un comité d’experts sur l’Histoire générale de l’Afrique où nous étions une douzaine de chercheur.e.s africain.e.s et internationaux invités à réfléchir aux prérequis à l’élaboration d’un glossaire décolonial à usage pédagogique. À l’occasion, nous avons chacun été amené à présenter un cours texte contributoire à la réflexion.  J’ai pour ma part présenté un résumé de l’article que je venais de publier dans le dernier numéro de la revue Présence africaine (2018/1, 197), « Ujuzii! Décoloniser les humanités », dirigé par Martial Ze Belinga. Il s’agit du texte « Philosophie africaine et décolonisation des humanités : une exigence radicale » dont on peut trouver ici la version pré-publication : ABADIE_Décoloniser les humanités

À Kinshasa, j’ai d’abord donné une séance d’enseignement à l’Université Catholique du Congo dans le cadre d’un cours élaboré en collaboration avec le département des sciences religieuses de l’Université de Montréal : j’y ai dispensé un cours d’introduction sur la pensée d’Achille Mbembe et la critique postcoloniale en abordant 1) les caractéristiques de la critique postcoloniale ; 2) le diagnostic critique du discours occidental et des impensés de la race ; 3) la proposition prospective de l’afropolitanisme. Le texte de ma présentation : PRÉS cours sur Mbembe.

À l’invitation du Père Emmanuel Bueya des Facultés de Philosophie de l’Université Loyola du Congo, je suis aussi intervenue aux côtés du professeur Ngoma Binda sur le thème « La philosophie africaine : pourquoi faire? » au Centre culturel Boboto. J’y ai fait une intervention qui, en suivant l’axe de la décolonisation épistémique, explorait les effets concrets de la colonialité sur les discours philosophiques et scientifiques ayant pour objet l’Afrique et l’africanité, mais également les pratiques du pouvoir en postcolonie ou les prémisses théoriques de l’économie du développement.  CONF_Philosophie africaine contemporaine notre temps.

Enfin, mon séjour s’est conclu par une participation au Colloque international sur l’héritage décolonial de la théologie de Jean-Marc Ela, organisé par Denise Couture et Ignace Ndongala de l’Université de Montréal. J’ai choisi d’y présenter l’héritage qu’a exercé la pensée d’Ela sur celle du philosophe congolais (par ailleurs professeur au département de français à l’Université d’Ottawa) Kasereka Kavwahirehi avec une allocution intitulée : « Kasereka Kavwahirehi : une herméneutique du monde d’en bas ».  J’y ai présenté son dernier ouvrage Y en a marre! Philosophie et espoir social en Afrique (Karthala, 2018) en suivant trois axes : 1) l’herméneutique du monde d’en-bas d’Ela et Kavwahirehi ; 2) une méthodologie inspirée de la théorie critique ; 3) les signes d’un monde qui vient.  CONF Colloque Jean Marc Ela_Kasereka Y’en a marre

Lors de mes interventions devant des étudiant.e.s, j’ai eu le coup de coeur pour la vivacité d’esprit des jeunes auditeurs et pour leur soif immense d’espérance. L’avenir du monde appartient aux jeunesses africaines…